
Tout commence par l'implantation. Avant le premier coup de godet, la position exacte du bassin est reportée sur le terrain : c'est elle qui déterminera l'aplomb des murs et la géométrie finale de la piscine. Une implantation approximative se paie ensuite à chaque étape du gros œuvre.
Vient ensuite le terrassement à proprement parler, avec l'excavation du bassin. Cette phase crée le volume dans lequel la piscine va être construite : elle n'est pas un simple trou, mais la première étape de l'ouvrage, celle qui conditionne tout ce qui suivra.
Les terres issues du terrassement sont enlevées et évacuées du chantier. C'est une opération qu'on sous-estime souvent lorsqu'on imagine son projet : un terrassement de piscine génère un volume de déblais important, qui doit être sorti du terrain pour libérer l'accès et laisser travailler les équipes en sécurité. Le fond du bassin est ensuite préparé pour recevoir le radier.
Le fond de la piscine ne se coule pas directement sur la terre. Il est d'abord coffré : le coffrage délimite précisément le radier, contient le béton pendant le coulage et garantit des bords nets, d'équerre avec l'implantation d'origine.
Dans ce coffrage, les armatures sont mises en place. C'est le cœur du travail : sur cette photo prise avant coulage, on distingue le quadrillage d'acier qui occupe toute la surface du bassin, ainsi que les aciers verticaux qui dépassent en périphérie. Rien n'est laissé au hasard à ce stade, car une fois le béton coulé, plus rien n'est modifiable.

Le fond du bassin est réalisé sous la forme d'un radier béton d'environ 25 cm d'épaisseur. Le radier, c'est la dalle porteuse de la piscine : c'est lui qui reprend les efforts et sur lequel les murs viendront s'appuyer.
C'est à cette étape, quand tout est encore visible, que se joue la solidité du bassin — et c'est le travail de gros œuvre que nous menons au quotidien.
Le radier de cette piscine est ferraillé avec une double nappe de treillis soudé ST25 : deux nappes d'acier, une en partie basse et une en partie haute de la dalle. Le béton résiste très bien à la compression mais mal à la traction ; c'est l'acier qui reprend ces efforts, et le placer en deux nappes permet de travailler dans les deux sens.
À cette étape sont également mises en place les attentes verticales. Ce sont les aciers que l'on voit dépasser tout autour du bassin sur la photo précédente : ils sont destinés à assurer la liaison entre le radier et les futurs murs. Sans eux, le fond et les parois ne formeraient que deux éléments simplement posés l'un sur l'autre.
Ces attentes sont positionnées et attachées au ferraillage avant le coulage. C'est un point de méthode important : une attente mal placée ou mal ligaturée bouge pendant le coulage, et l'on ne s'en aperçoit qu'au moment de monter les murs, quand il est trop tard pour la reprendre proprement.
Le radier a été coulé à l'aide d'une pompe à béton. L'intérêt est double. D'une part, le béton est acheminé jusqu'au bassin sans avoir à faire circuler d'engins au bord de la fouille, ce qui est souvent la seule solution praticable selon l'accès du chantier et la configuration du terrain.
D'autre part, la pompe permet une mise en œuvre régulière sur l'ensemble du bassin. Un radier doit être coulé d'un seul tenant, sans reprise ni interruption : c'est ce qui garantit l'homogénéité de la dalle.
Le béton utilisé sur ce chantier est un béton hydrofugé. Cette caractéristique améliore le comportement du béton vis-à-vis de l'eau, mais elle ne dispense pas des dispositions et du revêtement prévus par ailleurs pour le bassin : c'est un élément de la construction, pas une solution qui remplacerait à elle seule tout le reste.
Une fois le radier réalisé, l'élévation des murs a pu démarrer. Les murs de la piscine sont montés en blocs à bancher, mis en place puis élevés sur tout le pourtour du bassin, en continuité des attentes verticales laissées dans le radier.
C'est l'étape actuellement visible sur le chantier de Pia : le bassin sort de terre et ses volumes deviennent lisibles. La photo en tête de cet article montre le chantier à ce stade, avec les murs en cours d'élévation et les autres ouvrages de maçonnerie engagés autour du bassin.
Le chantier est toujours en cours à ce jour. Nous partagerons la suite de cette réalisation, avec l'avancement des murs et les étapes suivantes du bassin.
Quand on se renseigne sur une piscine, on regarde souvent d'abord la forme, la couleur de l'eau et les aménagements autour. Ce sont pourtant les étapes présentées ici — implantation, terrassement, ferraillage, radier, liaison avec les murs — qui déterminent la solidité de l'ouvrage et sa tenue dans le temps.
Une piscine en béton est un ouvrage de maçonnerie à part entière. C'est notre métier d'origine, et c'est la raison pour laquelle nous réalisons ces chantiers avec nos propres équipes : le gros œuvre d'une piscine relève exactement des mêmes savoir-faire que celui d'une maison.